Paule Petitier
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Michelet, précurseur de la figure moderne de la sorcière comme femme puissante. Un Michelet méconnu sur une thématique très actuelle.
Au moment où la figure des sorcières revient en force par le biais de la culture féministe, l'historien Jules Michelet, avec La Sorcière paru en 1862, s'affirme comme l'un des inventeurs de ce mythe moderne mais aussi comme le précurseur de contestations tout à fait actuelles.
S'identifiant à sa Sorcière, Michelet, penseur bien souvent jugé hérétique, rompt avec une histoire classique et part en exploration dans le continent perdu de la sorcellerie, qui à son époque n'a pas encore donné lieu à de véritables recherches. Il s'appuie sur sa connaissance générale de l'histoire médiévale mais aussi sur la fiction, la poésie, le conte et le mythe pour reconstituer la figure de la sorcière. À travers elle, il évoque la femme créatrice, son rapport alternatif avec le monde naturel et dénonce le grand enfermement des femmes aux Temps modernes.
Paule Petitier, attentive à la richesse du texte de Michelet, en déploie le subtil feuilletage et les enjeux relatifs à la place des femmes dans le monde et l'histoire. -
Littérature et idées politiques au XIXe siècle, 1800-1870
Paule Petitier
- Armand Colin (réédition numérique FeniXX)
- 128 lettres
- 22 Mai 2020
- 9791037610478
Avec la Révolution française, naît la politique moderne, celle des partis, du débat parlementaire, des luttes pour le pouvoir, des révolutions, de l'importance de l'opinion, mais aussi de l'affrontement des théories. La littérature du XIXe siècle devient, dès lors, un lieu de conscience et d'exigence politique. Le propos de ce livre est d'éclairer les différents aspects du lien entre la création littéraire et la réflexion politique. Connaître les grandes théories - libérale, contre-révolutionnaire, socialistes - du XIXe siècle, ne suffit pas à comprendre la façon dont la littérature s'approprie le fait politique : il faut également interroger les théories esthétiques, les différents genres, et les composantes de la narration, pour percevoir les enjeux politiques des oeuvres.
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Histoire de France Tome 17 ; Louis XV et Louis XVI
Jules Michelet, Paule Petitier, Paul Viallaneix
- Éditions des Équateurs
- Histoire
- 1 Janvier 2019
- 9782849904039
"Louis XVI n'eut rien de la France, ne la soupçonna même pas. De race et par sa mère, il était un pur Allemand, de la molle Saxe des Augustes, obèse et alourdie de sang, charnelle et souvent colérique. Mais, à la différence des Augustes, son honnêteté naturelle, sa dévotion, le rendirent régulier dans ses moeurs, sa vie domestique. En pleine cour il était solitaire, ne vivant qu'à la chasse, dans les bois de Versailles, à Compiègne ou à Rambouillet. C'est uniquement pour la chasse, pour conserver ses habitudes, qu'il tint les États généraux à Versailles (si près de Paris) !
S'il n'eût vécu ainsi, il serait devenu énorme, comme les Augustes, un monstre de graisse, comme son père le Dauphin, qui dit lui-même, à dix-sept ans, "ne pouvoir traîner la masse de son corps". Mais ce violent exercice est comme une sorte d'ivresse. [...] Il n'était nullement crapuleux comme Louis XV. Mais c'était un barbare, un homme tout de chair et de sang. De là sa dépendance de la reine. [...]
Nul roi ne montra mieux une loi de l'histoire, qui a bien peu d'exceptions : Le roi, c'est l'étranger."
Histoire de France est le chef-d'oeuvre de Jules Michelet (1798-1874).
Édition présentée par Paul Viallaneix, qui a notamment édité le Journal et les OEuvres complètes de Michelet, et Paule Petitier, professeur à l'université de Paris Diderot-Paris 7, auteur de Jules Michelet, l'homme histoire (Grasset). -
Michelet ; rythme de la prose, rythme de l'histoire
Paule Petitier
- Presses Universitaires du Septentrion
- 26 Septembre 2017
- 9782757418949
Il n'est guère d'historien avant Fernand Braudel pour qui la perception des différentes allures du temps ait eu plus d'importance que Michelet. Siècles du Moyen Âge qui s'étirent interminablement, pas vif de la Régence, boitement du xixe siècle... Michelet mesure à travers ces variations non seulement la marche du progrès mais le rapport des hommes de chaque époque à l'histoire qu'ils vivent, selon qu'elle leur pèse, les écrase ou les porte. Le rythme, réalité essentiellement organique chez Michelet, dit que l'histoire n'est jamais désincarnée. Ce volume explore à la fois le rythme comme objet historique (la façon dont Michelet commente et interprète certains phénomènes rythmiques) et comme instrument intellectuel de l'historien, dont le travail repose sur le repérage de scansions, de cycles, de surgissements perturbateurs créant de nouvelles régularités. Des oeuvres telles que La Mer figurent le rapport contradictoire que l'histoire de Michelet entretient avec les rythmes naturels. Mais est-il possible de parler d'une poétique de l'histoire liée au rythme sans aller voir dans l'atelier même de l'écrivain comment la prose concerte ses effets rythmiques ? C'est pourquoi le volume a souhaité accorder une large place aux études où la stylistique s'ouvre vers la production du sens de l'histoire.