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Lionel Marek
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Disparu en 2006, Jacques Sternberg a beaucoup écrit - des romans, des pamphlets, des récits autobiographiques, des anthologies, des dictionnaires. Il est en particulier l'auteur de plus d'un millier de contes et de nouvelles - des textes en général extrêmement brefs, mais tous des plus percutants et des plus visionnaires, presque sans équivalents dans la littérature du XXe siècle.
Mais qui était-il au juste ? Qu'est-ce qui l'a poussé à voir le monde avec un « oeil sauvage »?
En cherchant à répondre à ces questions, Jean-Pol Sternberg, le fils de Jacques Sternberg, donne ici un livre qui tient à la fois de la biographie, de l'autobiographie, des mémoires intimes, de l'essai littéraire et même du récit initiatique (la quête du père). Et cette démarche est si originale qu'on a l'impression d'entrer de plain-pied dans le laboratoire secret de deux écrivains qui se trouvent face à face et qui, au-delà de la mort, s'échangent mystérieusement des confidences. -
La femme qu'il aime va le quitter pour un autre homme. Fuyant sa douleur, le narrateur part six jours à Hambourg, dans ce pays dont il apprécie tant la culture et la langue. Il est juif, hanté par la Shoah et les bourreaux du Troisième Reich. Dès le deuxième soir, il rencontre, dans un bar du quartier de Saint-Pauli, un Allemand de cinquante ans, qui n'a vécu la guerre et les bombardements qu'à travers ses yeux d'enfant. Une étrange relation se développe entre les deux hommes. L'Allemand relate et met en scène, au gré de leur dérive nocturne, son passé familial infesté par la mémoire du nazisme ; des récits noirs et scabreux, qui vont autant terroriser que séduire ce Juif qui, obstinément, tait ses origines.
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«Vous seriez l'homme qui a tué ma soeur ? Prouvez-le-moi, je ne laisse pas entrer n'importe qui, surtout à cette heure tardive, et vous me paraissez être n'importe qui. Que me voulez-vous ? Je n'ai besoin de rien, encore moins de ce que vous avez à me proposer, un abonnement à une revue de cuisine, à un bouquet de chaînes câblées, que sais-je encore. C'est bien moi qui ai tué votre soeur - Mlle Judith Meiersohn, dites-vous. Sans conviction. En bégayant ce nom trop étranger.»