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Parole et Silence
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Sur la route du retour, je m'éloignais de son village fantôme. Le ciel reprenait son immense omniprésence. Qu'il fut étoilé ou embrasé par les feux rouges du couchant, il couvrait la vie, vaste, universelle et partagée. Ma voiture n'était plus qu'une coccinelle et je pouvais me perdre dans l'anonymat. Le lendemain s'emparait de ma pensée. Je récapitulais l'agenda, organisais l'emploi du temps, soupesais les promesses du jour, et le courant fragile des choses à venir se remettait en marche. Dans ce mouvement réel d'heures et de jours, le passé n'était pas aboli. Il ne s'était pas détérioré, l'ancien Luis pouvait réapparaître.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Nicole Verschoore, née à Gand en Belgique, est docteur en philosophie et lettres. Boursière du Fonds national belge de Recherche scientifique et assistante à l'université de Gand, dès les années soixante-dix elle opte pour la presse quotidienne et publie toujours, entre autre, dans la Revue générale.
À Paris, Nicole Verschoore obtint pour son premier roman Le Maître du bourg (Gallimard 1994) le prix franco-belge de l'Association des Écrivains de langue française et, en mars 2008, à Bruxelles, le prix Michot de l'Académie royale de langue et de littérature françaises pour sa trilogie La Passion et les Hommes (Le Cri). -
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Le ciel commence au bout du regard.
N'est-il pas l'image de ce que nous cherchons... la pérennité ? Quel est ce rire dépité qui a oublié le dépit et n'a de joie que celle d'un moment d'esprit ? L'écho de la beauté ne dit rien sur la beauté. On n'entend que le son de celui qui la rencontre.
La raison domine la routine et l'on n'a pas le temps de s'appesantir sur l'absurdité clés choses mal faites, sur la bêtise des autres et leur méchanceté.
C'est une première étape, un détachement général s'amorce, et les tristesses s'accrochent comme à un radeau aux promesses de la prochaine retraite. C'est la retraite qui compte. La tournure malencontreuse d'un épisode de notre vie peut devenir salutaire si elle apporte à l'expérience comme une ombre à ce qui resplendit, une transparence à ce qui risque d'aveugler. Lorsqu'aucun espoir et pas une des innombrables peines de 1a tendresse n'assistent à l'agonie, vue de loin, la fin d'une vie peut s'accepter avec la sérénité de la pensée heureuse.
La mort a quelque chose d'un accomplissement. On la sacre, on s'en remet à elle. On l'envisage pour soi et pour tous les hommes. Un temps sans calendrier s'empare de ce qui a été limité et tributaire des mesures humaines.
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Si Remmer avait cru qu'il y serait tout autant en son absence que s'il y avait été réellement, il ne s'était pas trompé. Était-ce cela l'au-delà ? À moins que le souvenir soit une essence qui ne périt pas et reste planer sur nous et sur notre ombre, attachée aux lieux sensibles, au retour des saisons, aux atmosphères.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Nicole Verschoore, née à Gand en Belgique, est docteur en philosohpie et lettres. Boursière du Fonds national belge de la Recherche scientifique et assistante à l'université de Gand, dès les années soixante-dix elle opte pour la presse quotidienne et publie toujours, entre autre, dans la Revue générale.
À Paris, Nicole Verschoore obtint pour son premier roman Le Maître du bourg (Gallimard 1994) le prix franco-belge de l'Association des Écrivains de langue française et, en mars 2008, à Bruxelles, le prix Michot de l'Académie royale de langue et littérature françaises pour sa trilogie La Passion et les Hommes (Le Cri). -