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Esperluète Éditions
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Lequel de nous portera l'autre ?
Violaine Lison
- Esperluète Éditions
- En Toutes Lettres
- 17 Octobre 2025
- 9782359842029
Lorsque Violaine Lison reçoit en dépôt les carnets de Léonce Delaunoy, elle est frappée par la beauté et la force de l'écriture de ce jeune homme mobilisé comme brancardier lors de la Première Guerre mondiale.
Malgré les horreurs de la guerre, Léonce reste proche de la nature - décrivant comme personne les paysages, l'Yser, les oiseaux - mais aussi de ses idéaux d'amitié. Le récit de la «guerre de Léonce» se déploie sous les yeux de Violaine. Pourtant, très vite elle sent que «quelque chose» ne va pas. Des manques apparaissent. Des incohérences. S'agit-il d'un faux, d'une retranscription ? Une forme d'enquête historique et littéraire commence...
Lorsque l'autrice retrouve les carnets originaux, elle comprend que le journal de Léonce a été recopié par Paul, un ami très proche de Léonce. Mais la retranscription est lacunaire. Les parties censurées parlent de l'absurdité de la guerre, du désespoir, de l'envie de mourir, mais aussi d'une amitié amoureuse pour Herman, troisième personnage de cette histoire. Quel intérêt avait cette censure ? Faire de Léonce un héros ? Gommer l'amour porté à un autre homme ? Violaine ne tranche ni ne juge, elle tisse son récit entre les carnets, approche la vie de Léonce tout en racontant sa propre quête.
Lequel de nous portera l'autre ? est un récit polyphonique, où les voix de Léonce et de Violaine s'entremêlent, se répondent et se questionnent. Cent ans les séparent, pourtant le texte de Léonce Delaunoy résonne avec une modernité frappante. Et c'est tout l'art de Violaine Lison que de nous ancrer dans le réel tout en laissant une place à l'inattendu des mots. Il en naît une rencontre rare et précieuse. -
100(0) Moments de dessin
Geneviève Casterman
- Esperluète Éditions
- [Dans L'Atelier]
- 21 Novembre 2025
- 9782359842036
C'est le manuel de dessin rêvé, sans recettes ni bouts de ficelles, mais avec une infinité de propositions à explorer. Impossible statistiquement de donner le nombre des improvisations, croisements, bifurcations et inventions que ce livre peut générer ! Bâti sur le principe de la déclinaison, il contient 10 listes de 100 moments de dessin auxquelles viennent s'ajouter des dessins d'artistes contemporains, des dessins d'enfants, des mots, des objets, comme autant de nouvelles listes. Associez un «pour qui» à un «pour quoi»... Associez une image à une proposition... Associez tous les numéros 21 ou tous les 56 ou choisissez votre nombre préféré et ajouter 2 à chaque changement de liste ou... ou... ou...
La gamme des jeux, des possibilités, des variantes s'offrent à vous, non pas pour le plaisir abstrait d'une construction mentale, mais pour la découverte subtile d'un «moment» de dessin. Car c'est bien du dessin dont il s'agit, dans son essence même et dans son rapport à l'art contemporain. L'enfant s'en empare dès le plus jeune âge librement ou sous l'oeil d'adultes attentifs. Ce manuel a pour but d'éveiller leur intérêt sans définir ce qui devrait être vu, lu ou su par eux. Il veille à garder l'enfant dans l'enfant. Il cherche aussi la proximité avec les artistes dans le rapport qu'ils entretiennent avec l'enfance. Comment ont-ils gardé «l'âme d'enfance» ? Il invite chacun à reconnecter sa part d'enfance.
Ce livre interroge les «conditions» de la création par le biais d'une attention aux détails, une disponibilité à ce qui advient, un regard sans jugement... C'est ce que Geneviève Casterman développe depuis tant d'années dans les ateliers qu'elle anime. C'est la somme de son apprentissage auprès des enfants. C'est aussi leur héritage. -
Après le Voyage d'hiver (2013, réédition 2019 et 2022), Anne Brouillard nous emmène dans un Voyage de printemps. En route, le train démarre !
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Ode aux femmes d'action
Carol Vanni, Edmond Baudoin
- Esperluète Éditions
- En Toutes Lettres
- 21 Novembre 2025
- 9782359842050
Le dictionnaire nous rappelle qu'une action (nom féminin) se définit comme un fait ou une faculté d'agir, de manifester sa volonté, en accomplissant quelque chose. En choisissant d'écrire le quotidien de huit femmes, plongées dans l'action à toute heure du jour, Carol Vanni nous permet d'entrer dans des parcours de vie différents dont les voix résonnent en écho. Elles sont maraîchère, professeur, infirmière, auxiliaire de vie... mères aussi, militantes parfois, et c'est dans cet « accomplissement de quelque chose » qu'elles s'accordent à vivre.
Pour écrire au plus près de leurs réalités, l'autrice a passé, pour chaque portrait, plusieurs jours avec chacune d'entre elles à les observer, à vivre avec et comme elles, à s'interroger aussi. Plongées ou submergées dans leur quotidien, ces femmes trouvent une forme de réconfort, d'apaisement dans l'action .
En contrepoint quasi musical à ces portraits, l'autrice déploie un récit à la deuxième personne, celui d'une traversée en forme de road movie sous la pluie. Fuite ou retrouvaille, elle traverse le doute en même temps que la route ; le livre porte en lui ce double récit.
A l'heure où les femmes d'action s'oublient, Carol Vanni rappelle leur force et leur détermination à toujours rester debout.
Livre miroir au texte Le jardin des hommes. Entretiens sur la colère, déjà accompagné des dessins d'Edmond Baudoin, Ode aux femmes d'action se joue des injonctions et des lieux communs pour livrer un récit au féminin pluriel. -
Reliure origata / Origata binding : de l'emballage japonais au livre / from Japanese wrapping to bookbinding
Julie Auzillon
- Esperluète Éditions
- [Dans L'Atelier]
- 7 Novembre 2025
- 9782359842012
Cet ouvrage bilingue (français-anglais) est consacré à une technique de reliure esthétique, légère et réversible.
La relieure Julie Auzillon a mené ses recherches autour de l'élément central de sa structure, un bandeau de papier plié, qui sert de support à la couture des pages et à la fixation des plats. Ce principe a trouvé écho dans la pratique japonaise de l'origata, l'art d'emballer des objets à partir de papier plié.
Adapté à tous les niveaux, le manuel permet d'aborder les étapes de réalisation de cette reliure. Elle inclut la présentation de différentes variantes permettant d'exploiter les possibilités esthétiques de cette technique. -
La terre tourne.
Dans l'univers, entre les étoiles.
Elle se déplace lentement.
La nuit engourdit le monde.
On dort encore dans les maisons.
Le vent d'automne transporte des nuages.
Chargés d'eau froide.
Les rêves des enfants s'envolent doucement.
Le jour s'avance, loin, là-bas.
Derrière le petit bois.
C'est la nuit, puis le petit matin s'annonce, le jour se lève doucement. Le temps passe, les saisons défilent, la Terre tourne et le monde court partout... Au fil des pages et des chansons, ritournelles ou poésies chantées, le lecteur entre dans un monde de sensations par le son et l'image. Ronde est la terre, ronde est la berceuse et l'invitation à plonger dans le monde onirique des rêves.
Les peintures d'Anne Brouillard donnent de l'intensité aux scènes du quotidien ; elles esquissent une heureuse nostalgie de l'enfance. Puisant son inspiration des tranquilles paysages suédois - d'où Anne Brouillard tire ses origines et dont elle nous partage ses comptines d'enfance - elle nous invite à revoir notre rapport au temps, à la nature, à l'enfance.
à l'origine de ce livre-disque, sa rencontre avec Bertille de Swarte et une complicité née autour de l'écriture et de la musique. Entourées de musiciens et chanteurs de haut vol, les voici tour à tour parolières ou compositrices pour nous emmener dans une Ronde autour de la terre... -
Brouillard, mais ça se dissipera
Albane Gellé, Anne Leloup
- Esperluète Éditions
- Cahiers
- 6 Juin 2025
- 9782359841985
on vient au monde
mémoire perdue
il nous faudra
une vie entière
peut-être
pour nous
souvenir
de tout
Dans ce poème-livre, Albane Gellé épure son écriture et ce qui la constitue. On y retrouve ses thèmes de prédilection ou de questionnement : la disparition, l'amitié, les liens que l'on tisse mais, surtout, le lien au vivant, à la joie, à l'amour, à tout ce qui nous fait vivre.
Un autre dont l'absence s'éprouve parfois et qui est ici au coeur du texte. Absence/présence de nos aimés avec laquelle il faut composer, construire et reconstruire. Absence de ceux qui restent dans le brouillard mais dont la présence en creux se ressent de manière encore plus forte ; avec tout autour la vie qui pulse. Car ce poème s'adresse à cette petite étincelle de vie en nous, qui, lorsqu'elle renaît, transforme les épreuves en forces.
C'est ce brouillard qui a guidé le dessin d'Anne Leloup. Et plus particulièrement comment il s'inscrit dans le paysage quand il s'immisce entre les montagnes et qu'il reste accroché dans un vallon ou à un caillou. Directement inspiré des paravents japonais où le brouillard/nuage sert de support à la narration, ce brouillard-ci permet d'enchâsser le texte au livre-objet.
Le brouillard se fait alors nuage pour mieux se dissiper. -
Cher arbre est un livre qui vient du coeur, une invitation à prendre soin de nos chers arbres.
Cette réédition propose plusieurs lettres inédites supplémentaires, en plus des 36 lettres d'origine (publiées en 2022, ouvrage épuisé), ainsi qu'une toute nouvelle couverture.
Avec rigueur et sensibilité, elle s'adresse à chacun de ces arbres choisis avec soin et s'attelle à les décrire, à dresser un bref portrait de leur histoire, leur provenance, leurs vertus, les mythes associés...
Elle invite le lecteur, en douceur et sans jamais rien imposer, à la rejoindre dans cet hommage à la nature et au vivant, à ce qui nous entoure en silence.
De sa plume poétique, elle nous convie à prendre le temps de s'arrêter un instant, le temps de considérer ces arbres qui nous entourent, les saluer, les remercier.
Les textes d'Albane Gellé sont accompagnés de dessins en noir et blanc de Séverine Bérard. Avec délicatesse, elle s'attarde sur le détail d'un arbre, un bourgeon qui éclot, une feuille qui se déploie, une racine qui cherche son chemin sous la terre, une cîme qui se dresse vers la lumière du ciel, une branche en hiver prête à reprendre vie à l'arrivée du printemps. -
Ce n'est pas facile de se débarrasser d'un lion
Que disais-tu
Je disais que ce n'est pas facile de se débarrasser d'un lion.
Un livre dans lequel on apprend qu'Une rose est une rose est une rose est une rose et où Gertrude Stein donne la pleine mesure de son écriture - répétitive, musicale et poétique. Mécène et porte-parole du cubisme, elle en a assimilé l'esprit dans ce livre destiné à l'origine aux enfants qui devint rapidement un des textes majeurs de l'avant-garde.
Rose est une petite fille. Elle a un cousin, Willie, avec qui elle découvre le monde ; parfois concret, parfois absurde celui-ci se dérobe puis se révèle. Rose n'en cherche pas le sens, elle veut simplement en faire partie.
Vus à travers le prisme enfantin, les êtres et les objets se montrent complexes et toujours étonnants. La répétition des mots amène à une compréhension intuitive du monde de Rose. Le texte s'enroule autour du sujet et donne rythmes et couleurs aux mots.
Ecrit pour qu'on en ait du plaisir, Le Monde est rond nous parle des territoires de l'enfance.
A propos de cette nouvelle édition...
Ce texte, emblématique de l'oeuvre de Gertrude Stein, fut publié pour la première fois en 1939 par William R. Scott à New York. Il était accompagné d'illustrations de Clement Hurd et imprimé en bleu sur pages roses. On retrouvera un clin d'oeil à ces couleurs dans la présente édition, ainsi que l'usage de la typographie Futura, en vogue à l'époque.
Le Monde est rond est probablement un des premiers, et peut-être même le seul texte cubiste pour enfants.
Il fut traduit en français en 1984 par Françoise Collin et Pierre Taminiaux pour les éditions Deuxtemps Tierce.
La version qui est proposée ici s'appuie sur leur travail. En s'approchant au plus près du texte anglais, Anne Attali, grâce à sa double culture franco-américaine et sa connaissance particulière de ce texte, s'est attachée à conserver aux mots leur simplicité mais aussi leur ambiguïté.
Comme le lecteur le percevra dans le texte anglais, les jeux de sons et de sens sont omniprésents, et parfois difficiles à traduire en français. Souvent nous avons préféré privilégier le sens, maudissant l'absence d'équivalent en français !
L'écriture de Gertrude Stein dégage un sentiment d'étrangeté qui déjoue nos attentes et nous entraîne dans un monde poétique, proche de la comptine, du temps de l'enfance. Nous avons essayé de ne pas gommer ces aspects-là. -
La bande à Lily Tome 4 : Le goût des vacances
Geneviève Casterman
- Esperluète Éditions
- 22 Août 2025
- 9782359841992
Petit coup de blues au retour des vacances... nos amis sont, comme souvent, un peu désoeuvrés avant qu'une bonne idée ou un souffle d'aventure ne passe par là?!
Aujourd'hui, c'est la musique du marchand de glace qui résonne. Mais il faut le rattraper ! Une folle course-poursuite s'ensuit dans les rues du village, avant des retrouvailles bien méritées et une délicieuse glace à savourer... celle-ci a, bien entendu, le goût des vacances?! -
Vinciane Despret, fabriquer des mondes habitables : dialogue avec Frédéric Dolphin
Vinciane Despret, Frédérique Dolphijn
- Esperluète Éditions
- Orbe
- 19 Novembre 2021
- 9782359841466
Née à Anderlecht, Vinciane Despret a grandi et vécu à Liège. Elle y habite toujours, dans l'un des endroits les plus typiques de la ville, en son coeur historique. D'abord étudiante en philosophie, elle croise rapidement l'éthologie, l'étude du comportement des animaux, et se passionne pour les humains qui travaillent avec eux. Sa grande préoccupation sera de savoir comment concilier les deux disciplines, ses deux motifs d'enthousiasme.
Elle va logiquement emprunter la voie de la philosophie des sciences et mettre ses pas dans ceux de deux grands penseurs qu'elle cite - et fréquente - souvent, aujourd'hui encore : Isabelle Stengers et Bruno Latour. Elle veut désormais suivre les scientifiques dans leur pratique, comprendre « comment ils rendent leurs objets intéressants », raconter leur oeuvre de «traduction», d'invention. Elle entend comprendre et expliquer comment ils bâtissent une théorie, quelles influences ils subissent, comment l'animal qu'ils observent devient acteur de cette création de savoir.
Auteur prolixe d'articles, de conférences et de contributions diverses - sans oublier ses divers enseignements - Vinciane Despret a assuré très récemment le commissariat de la grande exposition Bêtes et hommes, à la Grande halle de La Villette, à Paris. Elle s'est également vu décerner deux prix : le prix des humanités scientifiques octroyé par sciences Po, à Paris, en septembre 2008 et le prix du Fonds international Wernaers pour la recherche et la diffusion des connaissances.
Dans ce nouvel opus de la collection Orbe, Frédérique Dolphijn interroge le travail de Vinciane Despret et en particulier son rapport à l'écriture, à la lecture, à la transmission de savoirs et à tout ce qui entoure la recherche: le choix des sujets, la manière dont l'interaction avec le sujet influence la démarche de recherche, la vulgarisation de résultats.
Un bel entretien qui nous offre un autre regard sur le travail de longue haleine de cette philosophe-éthologue belge.
Www.vincianedespret.be -
TUPILAKS !
Connais-tu ce mot ? Je parie que non. Pourtant, il s'agit de l'art principal d'un pays immense, le Groënland, et presque inconnu de tous.
Au départ, ces objets chamaniques étaient sculptés pour nuire à quelqu'un, d'où leur air méchant. Il fallait le créer en le chargeant d'un mauvais sort et le cacher chez son ennemi afin de lui porter malheur. Mais cet acte était dangereux aussi pour l'agresseur : en effet, si le pouvoir magique de celui à qui on en veut est supérieur au tien, le sort se retourne contre toi.
Je les collectionne et je cherche toujours ceux qui me font rire ou imaginer des histoires. Ou frissonner joyeux. -
Ceci n'est pas une histoire. Ceci est un livre.
Ceci est un jeu qui peut devenir histoire.
Ceci est un livre-jeu qui fait poésie.
Jouez en famille ou entre amis à ce jeu de Anne Herbauts tout en plongeant dans un livre-jeu-poétique !
Le plateau de jeu, façon jeu de l'oie, se déplie et les règles se trouvent dans les plis des pages. Au fil de la lecture, l'univers d'Anne Herbauts se décline entre objets, animaux et personnages. On y retrouve ses images emblématiques : la théière, le moineau, le géant, les cailloux, les papiers peints, la chaise... renforcés encore par le jeu de la bichromie et autant de pistes de réflexions amusantes et décalées au travers des petites phrases ritournelles qui ponctuent la découverte de chaque objet et lui rendent son usage poétique...
à quoi ça sert.
Une pomme ?
à enlever.
Sa dent de lait.
à quoi ça sert.
Un livre ?
Le livre sert.
à faire du vent.
En tournant les pages.
Et ce livre sert à jouer, lire et s'amuser... dans l'univers d'Anne Herbauts !
Ce livre-jeu est le prolongement d'une exposition-jeu conçue par Anne Herbauts et les éditions Esperluète à l'initiative du Service général des Lettres et du Livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui circule dans les bibliothèques, médiathèques et autres lieux culturels. -
Elle aimait les fleurs sauvages et les forêts profondes...
La très vieille traverse ce livre à petits pas prudents. Elle s'émerveille des beautés de la nature et du moment présent. Elle raconte les liens familiaux, l'amour qui fait battre le coeur et le bonheur que donnent les fleurs.
Et la narratrice la suit, à petits pas complices, dans cette traversée. Elle recueille la parole mais aussi les gestes et les moments partagés. Elle s'émerveille à son tour.
Ce livre nous parle du grand âge et de ces liens qui se tissent entre les générations pour peu que l'on prenne le temps de se rencontrer, de s'accompagner. Parce qu'entre la narratrice et la très vieille, entre les pages, les mots et les images, une belle histoire se construit. Un livre sur le presque rien qui pourtant devient tout.
Céline Delabre explore son personnage à travers de somptueux papiers découpés. Elle crée ses papiers à partir de motifs gravés. Elle les assemble et les combine pour créer tantôt un paysage, tantôt un intérieur, tantôt un environnement abstrait qui permet la rêverie. Entre narration, images et couleurs, elle raconte sa très vieille avec pudeur et justesse, comme un moment suspendu, un temps à chérir précieusement. -
Où il est question de main et de météore
Anne Herbauts
- Esperluète Éditions
- Hors-Formats
- 15 Novembre 2024
- 9782359841923
"Du doigt, dans les lignes du petit matin,
je cherche le point, le point du jour.
Il n'est pas. Il perce. Surjet de lumière.
Moment si ténu qu'on ne peut le saisir réellement.
Le temps de sa percée, voilà l'astre déployant le matin
à travers l'horizon ou les branches, tamisé.
Et je regarde la paume de ma main
pour retrouver le chemin.
Matin potron. Timide.
L'instant, sur une ligne infime dans l'équilibre
d'un premier rayon, sur un fragment de seconde,
bascule dans le jour.
Je rejoue dans ma tête l'aube des temps."
Entre textes poétiques, explorations graphiques et clins d'oeil pour ses lecteurs et lectrices fidèles, Anne Herbauts revient en mots et en images sur son travail d'écriture, dans le prolongement du titre De temps en temps, paru en 2006 aux éditions Esperluète et aujourd'hui épuisé.
"Écrire et bégayer. Dire maladroit pour dire plus juste,
par éraflures, par ratures.
Je ne fais plus de phrases.
Parfois les mots nus me suffisent.
Ils font des bruits de cailloux entre eux, sans conjugaisons,
sans grammaire. Ils grelottent, ils chantent."
«?Lors de ma première exposition « de temps en temps » dans la galerie L'Art à la Page à Paris, j'avais décidé de partir de phrases que j'ai déclinées sur la question de l'écriture et de la création. Phrases qui ont donné par la suite un livre publié aux Editions Esperluète, De temps en temps (2006). En 2021, Madame Devèze, commissaire d'exposition, m'a proposé d'écrire à nouveau des phrases pour une exposition à la Biennale de Moulins autour de mon travail. Nous avons choisi comme titre d'exposition « le point du jour », en référence à ma prédilection?/?mon entêtement au sujet du temps et à un album de la série Matin minet paru aux éditions Pastel.?» aNNe Herbauts, printemps 2024 -
L'esquisse, en peinture, est un dessin préparatoire, un croquis, une ébauche avant l'oeuvre définitive. Et ici, effectivement, rien de définitif dans le propos de Valérie Linder, dont la plume et le trait ébauchent une esquisse plurielle.
Ces «esquisses pour la terre» saturent l'image : elles emplissent les doubles pages, débordent du cadre ou se font multiples ; les personnages se fondent dans le paysage ; les végétaux sont luxuriants.
Le texte commence par tutoyer le lecteur, pour entrer dans le livre-paysage, avant de glisser vers un nous plus collectif, l'invitant à aimer cette terre qui nous porte, à s'en étonner, s'en nourrir par les expériences du quotidien. Curiosité, humilité et simplicité guident le lecteur tout au long du livre. Car une fois encore, Valérie Linder nous invite à poser des gestes et des regards clairs - à nos pieds ou en levant les yeux. Le sol, le jardin, le potager, les graines, la montagne, le paysage... autant de thèmes qu'elle aborde dans chacun de ses livres, en gardant une sensibilité aiguisée et un souci de transmission.
Cette terre qui nous entoure est revisitée par l'auteure dans un émerveillement conscient qui, par sa capacité à amener du beau et du bon sous nos yeux, nous aide à réfléchir à notre bien commun.
Esquisser la terre devient alors une nécessité à la portée de toutes et tous. -
Après plusieurs années, leur amour avait pris la forme d'un enfant. Un tout petit être incroyablement fragile avec une énergie titanesque.
L'homme et la femme étaient devenus Parents.
L'arrivée d'un premier enfant dans une famille transforme ceux qui deviennent des Parents. En s'attachant à croquer la première année de vie d'un nourrisson, Virginie Bergeret nous fait entrer dans son intimité. Le dessin, entre esquisses dynamiques et couleurs joyeuses, rend vivantes ces premières étapes dans la vie d'une famille.
Elle égrène les petits instants du quotidien qui sont le socle de la petite enfance : les premiers regards et sourires, les siestes en écharpe, les pique-niques, les explorations à quatre pattes ou debout, les repas partagés, les premiers bains, les balades... sans occulter la fatigue, les petites nuits, les frustrations, mais aussi l'émerveillement, la fierté, le nouveau rythme à apprivoiser, les nouveaux rôles à incarner.
Tous ces moments tissent la relation entre l'enfant et ses parents, jour après jour. Virginie Bergeret nous propose une plongée en douceur dans un quotidien à la fois intime et universel, au plus proche du quotidien des mamans et des papas.
L'été approchait, l'enfant avait vécu quatre saisons. L'enfant n'était plus un nouveau-né, un nourrisson, un bébé.
L'enfant était devenu un tout petit garçon.
Un livre-accordéon à dérouler en famille, qui parlera autant aux parents qu'aux jeunes enfants, pour se remémorer ensemble cette première année de vie et voir le chemin parcouru ensemble...
Un cadeau de naissance idéal ! -
Albane Gellé semble nous adresser une longue lettre - ou est-ce un chant ? une litanie ? cette longue liste de propositions - comme autant d'invitations à accueillir le vivant. L'eau, la montagne, le vent, le bruissement des feuilles... évoquent des sensations puissantes. Humains et animaux sont convoqués. Et grâce à eux, elle nous rappelle que nous sommes du même monde et que la nature nous habite plus profond qu'il n'y paraît. Le lecteur entre dans le paysage, tout entier, par les dessins et peintures d'Anne Leloup. Encres et crayons donnent une profondeur au minéral et au végétal. Parfois, ils se font plus abstraits, restant dans l'affleurement des émotions, pour s'approcher de l'infiniment petit ou retenir les sensations des mains plongées dans la terre mouillée...
Ces paysages se peuplent de figures hybrides qui nous tendent la main. L'homme-cheval, la femme-oiseau, les hommes-poissons,... nous rappellent ce que la mythologie sait depuis longtemps : que les mondes sont perméables et que nous pouvons les traverser. -
Les gestes de la cuisine
Valérie Linder, Amandine Marembert
- Esperluète Éditions
- Cahiers
- 10 Septembre 2021
- 9782359841404
On mélange, émiette, mouline, saupoudre, tamise, malaxe... dans la cuisine d'Amandine Marembert et Valérie Linder. Poète et illustratrice posent leurs regards attentifs et délicats dans ce lieu si commun où petits et grands se retrouvent pour composer chaque jour des menus savoureux. Elles racontent les gestes simples, appris, répétés et échangés au fil du temps.
Elles nous transmettent le plaisir de cuisiner pour soi ou pour les autres, de préparer et se régaler ensemble, reliés aux générations qui nous suivent ou nous précèdent.
Et puis, ça marine ou ça mijote dans la casserole... Et c'est tout un paysage - où se mêlent jardins, forêts et souvenirs - qui se répand dans la maison et dans les pages.
Ici, on fait sauter des crêpes, là, on sauce un saladier, on se délecte d'une purée de châtaignes, ou on partage une galette...
Ouvrir ce livre, c'est être invité chaleureusement à la table des autrices, se laissant porter par le rythme des saisons en goûtant mots et images, plaisirs simples et infinis.
Les gestes de la cuisine est le troisième volet de cette exploration des gestes du quotidien. Il fait suite aux gestes du linge et du jardin dans une trilogie qui trouve ici son aboutissement.
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Un château, le silence
Myriam Mallié
- Esperluète Éditions
- En Toutes Lettres
- 7 Novembre 2025
- 9782359842043
Un château, le silence, raconte le retour de douze frères vers la ferme natale après leur service militaire. Pendant leur chemin qu'ils croyaient pourtant connaître, ils font la mystérieuse rencontre de douze jeunes femmes. Livides et silencieuses, ternies de douleur sous l'emprise d'un mauvais sort, elles ne sont que l'ombre d'elles-mêmes. Les douze frères n'ont rien voulu ni cherché mais ils sont là et ne peuvent rester indifférents. Que faire ?
Ce conte dit le chemin sinueux vers la construction de soi, marqué de détours, d'obstacles, d'épreuves mais aussi de rencontres marquantes qui mettent à l'épreuve et transforment.
En racontant d'une voix féminine, ou même féministe, ce conte aux protagonistes masculins, Myriam Mallié pose la question de la pluralité des relations, et de la parfois difficile cohabitation entre le masculin et le féminin, mais surtout, introduit la possibilité de nuance. Mais par quelle voie ? Que propose ce conte-ci pour éclaircir et guérir la situation ? La réponse est intrigante et belle.
Véritable pont entre le passé et le présent, l'imaginaire et la réalité, le conte et la vie, ce texte révèle la puissance du silence.
Un château, le silence est une oeuvre tissée, captivante, où s'entremêlent conte, portraits de femmes et une réflexion pertinente sur ce qui est regardé - et raconté - au-delà de ces douze filles et de ces douze garçons : la lente construction d'une nouvelle alliance d'un masculin transformé et d'un féminin réhabilité. -
C'est un paysage qui se déplie en accordéon. Devant nos yeux ébahis, il défile. Nous sommes sans doute à la fenêtre d'un train. On quitte une gare et l'on rêve le long de l'eau. On y voit un lac, une maison rose, une île, une forêt, le reflet des arbres... avant d'arriver à destination.
La peinture d'Anne Brouillard atteint une maturité de langage faite de finesse, de transparence, de poésie et de ce regard sur le monde qui lui appartient.
Inspiré du trajet en train Dinant-Namur, ce long accordéon nous montre la beauté des paysages d'ici. D'abord, peint à l'huile sur une longue bande de tissu, ce leporello appartient à la famille des livres que l'on regarde intensément, qui nous font rêver et qui s'impriment au plus profond de nous.
Devenu incontournable depuis sa première édition en 2013, le leporello Voyage d'hiver d'Anne Brouillard continue de nous émerveiller dans cette réédition en 2022 ! -
Après deux hivers, chacun le sien, les ours se sont rencontrés au printemps. Un album à lire en symétrie où l'on est invité à suivre deux ours jusqu'à leur rencontre... puis à recommencer ! D'un côté papa-ours se réveille après une longue hibernation. Ravi de se retrouver à l'air libre, attentif au vol d'une libellule, d'un rouge-gorge, d'un rayon de soleil, il se met en chemin... De l'autre côté, au même moment, maman-ours se réveille et explore les paysages en fleurs qui l'entourent.
Elle aussi se met en chemin... En symétrie, de part et d'autre de ce double livre (qui se commence d'un côté ou de l'autre), de pirouette en cabriole, les ours cheminent et se rapprochent petit à petit. Leur progression l'un vers l'autre est égrenée par une comptine marabout-bout-d'ficelle qui bien vite nous emmène dans la poésie joueuse de la rencontre amoureuse. Le tête-à-tête deviendra peau-à-peau au coeur du livre à l'ombre d'un grand arbre, tout au centre de la reliure, qui n'aura jamais aussi bien porté son nom ! Anne Herbauts signe ici un livre tout en légèreté et facétie, d'une apparente simplicité.
La construction de la comptine et les dessins très expressifs des ours en font un récit qui réunira petits et grands autour d'un sujet universel.
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Frédérique Bertand est née en 1969 à Épinal. Elle est diplômée de l'École Nationale des Beaux-Arts de Nancy. Cette auteur-illustratrice-artiste vit et travaille à Nancy.
Ses illustrations se retrouvent dans différents domaines tels que la presse en France et aux Etats-Unis (Télérama, Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, l'Expansion, Psychologie Magazine, Wall Street Journal, New York Times, The Baltimore Sun, The Boston Globe...), la presse d'entreprises, le culturel, l'édition (Éd. du Rouergue, Éd. Mémo, Seuil Jeunesse, Random House / USA, Gallimard Jeunesse, Éd. L'Ampoule, Random House / GB, Hachette Education, Syros-La Découverte, Odile Jacob, Woongjin / Corée) ou encore la télévision (ARTE, Télé Toulouse).
Elle participe également à la conception et la réalisation de cinq films d'animation pour la chaîne Arte (Production les Télécréateurs).
Elle expose régulièrement son travail en France ainsi qu'à l'étranger. Elle a reçu de nombreux prix parmi lesquels nous pouvons citer: Le Silver Pencil Award à Amsterdam en 1997 pour le livre Les petits Héritages (Éd. du Rouergue).
Le Bologna Ragazzi Award (catégorie "fiction") à la Foire internationale du livre jeunesse à Bologne (Italie) en 1999 pour On ne copie pas (Éd. du Rouergue) réalisé en collaboration avec Olivier Douzou.
L'Illustrarte Award à la Biennale Internationale d'illustrations Jeunesse à Barreiro (Portugal) en novembre 2003.
Aux éditions Esperluète, elle signe deux romans graphiques dans la collection Hors-formats : Bientôt l'été (2007) et Déjà Noël (2010). -
Dans ce rêve.
Il y a un dragon vert.
Un terrible monte-en-l'air.
Un chat qui n'est guère souriant.
Et un ours noir, à collier blanc.
Un enfant rêve et le monde s'ouvre. Sans queue ni tête, la tête à l'envers, les animaux chantent, les enfants volent, entre les arbres les lits deviennent nuages...
Dans ce rêve, tout est intense et la nuit devient plus vibrante que le jour. En entrant dans l'intimité des pensées d'un enfant, nous l'accompagnons dans ses rencontres et aventures jusqu'à la pointe du jour. Tout est possible à qui se laisse guider par ses rêves, semble nous confier ce livre finement ciselé par les deux auteurs.
Karen Hottois construit son texte comme une histoire-comptine. Elle propose une lecture qui nous emporte, avec ce brin de folie propre aux rêves et histoires inventées d'enfants. Les mots et leurs sens s'envolent et le champ des possibles s'ouvre.
Sandra Dufour donne corps au rêve, en mêlant des tissus teintés selon la technique japonaise du shibori qui servent de support à ses broderies soigneusement réalisées. Le texte, brodé lui aussi, devient image. Le travail des couleurs, le contraste entre le tissu teinté et les couleurs vives de la broderie en font un chef d'oeuvre pour les yeux?!