Flammes

À propos

Arrivé au sommet de son art comme au crépuscule de sa vie, un écrivain invite son jeune biographe à tracer le portrait d'une existence heureuse, pour montrer à quel point il fut malgré et avant tout un grand vivant, lui qui a consacré son oeuvre à décrire la tragédie du siècle, et qui n'a eu de cesse qu'il ne s'inspire des destins qui sombrèrent, des fêtes qui finirent...

La pièce convoque les témoins, hommes et femmes, qui traversèrent sa route, et confronte leurs versions : personne n'a vu le même homme, aucune opinion ne s'accorde. La vérité est obscure et échappe à tous. Ils offrent ainsi, sans le vouloir, un surprenant hommage à la complexité de l'être, d'autant que leur mémoire les trahit, que leur intérêt les trompe, que l'amour ou le remords les possèdent encore et qu'au fond rien n'est résolu. La beauté est dans l'énigme, la vie ne se laisse réduire à rien de simple ni d'attendu, ce qu'une ultime révélation confirmera non sans une émouvante ironie.


Rayons : Littérature > Théâtre


  • Auteur(s)

    Pierre Mertens

  • Éditeur

    Actes Sud

  • Distributeur

    Union Distribution

  • Date de parution

    14/09/1993

  • EAN

    9782869433816

  • Disponibilité

    Manque sans date

  • Longueur

    20.5 cm

  • Largeur

    15 cm

  • Épaisseur

    0.6 cm

  • Poids

    125 g

  • Support principal

    Grand format

Pierre Mertens

1939

Influencé par Franz Kafka, Mertens commence à publier romans et nouvelles en 1969 et reçoit le Prix Médicis en 1987 pour "Les éblouissements". Il poursuit néanmoins ses activités de juriste, attentif aux combats pour les Droits de l'Homme. En 1989, il entre à l'Académie royale de langue et littérature de Belgique. Il est également nommé Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres de la République française.

Reconnu et engagé, Mertens a réfléchi sur la fonction sociale de l'écrivain. Pour lui, vie privée, fiction et Histoire sont indissociables. C'est ainsi qu'il accorde une place centrale à la mémoire: le romancier trouve la matière de son ½uvre dans un passé personnel et historique. Lui même est particulièrement marqué par les activités de ses parents (un père journaliste et mélomane, une mère biologiste et pianiste), par l'occupation allemande, l'exécution des Rosenberg ou encore la tragédie des mineurs de Marcinelle en 1956. Plus tard, l'observateur du droit international dénoncera le génocide au Biafra, la torture en Irlande et les prisons de Pinochet.
Dans ses romans, on retrouve, d'une part, l'influence de la musique par les leitmotive qui les traversent. Il est aussi l'auteur d'un livret d'opéra, "La passion de Gilles" (1982). D'autre part, ses voyages et sa formation universitaire lui permettent une ouverture à un univers plus large que son pays. Dans "Les Bons offices" (1974) et "Terre d'asile" (1978), par exemple, l'histoire belge est présentée sous le regard d'un étranger et prend un sens nouveau. Mertens voit d'ailleurs dans son pays une synthèse fascinante des problèmes européens.

Sur fond d'Histoire, les personnages de Mertens se reconstruisent après une cassure, une rupture, une tragédie. L'écriture fait entendre ce déchirement par la structure et le style: monologues délirants avec ellipses temporelles pour dire les contradictions de l'individu dans le monde. Le message est cependant positif: le doute est fécond, il ne doit jamais être source de résignation et il faut préférer l'homme de terrain aux cyniques. Quant à la littérature, son rôle est primordial dans la lutte contre l'obscurantisme:
"Je m'en remets à la culture pour nous sauver. Le droit à la littérature est un droit de l'homme". P. Mertens

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